Le faux problème des minarets, thématisé à outrance par la droite dure de ce pays avec la complicité des médias, fait de l’ombre aux autres objets de votations qui seront soumis au peuple le 29 novembre prochain. L’initiative « Pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre » ne bénéficie pas d’une telle couverture médiatique, son tort ? sans doute des affiches et un discours qui respectent les règles d’un débat démocratique sain. Cette initiative pose pourtant une question fondamentale ; est-il moralement acceptable que la Suisse tire profit de la vente d’armes ? Contrairement à ce qu’essaie de nous faire croire le lobby de l’armement, soutenu sans réserve par notre ministre de l’économie – issue au passage d’un parti qui n’a apparemment de chrétien que le nom -, ces armes sont dans une grande partie vendues à des pays engagés dans des conflits armés ou régulièrement dénoncés pour le peu de cas qu’ils font des Droits de l’Homme. En effet, des blindé suisses guerroient contre le terrorisme en Afghanistan, les Pilatus servent à des entraînements parfois très réalistes au Tchad et dans nombre d’autres pays du Sud, les canons antiaériens d’Oerlikon Contraves protègent l’Iran, le premier pays importateur d’armes suisses en 2008 était le Pakistan ! La qualité et la précision helvétiques au service de la mort sont ainsi exportées vers pas moins de 72 pays (2008), y compris des pays où la Suisse œuvre dans l’aide au développement. Belle cohérence ! Si nous cessons d’exporter d’autres le feront et des emplois seront perdus. Pourquoi alors ne pas se lancer dans l’exportation d’héroïne, il y a assurément un marché et des emplois seront crées ! la question posée est de nature morale, nous n’exportons pas d’héroïne car c’est un produit nuisible et nocif ; les armes le sont aussi. Nous avons aujourd’hui l’occasion de mettre un terme à cette hypocrisie, votons OUI le 29 novembre.
Les Jeunes Verts Jurassiens