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Les 9 arguments les plus fréquents des climatosceptiques

1. Par le passé, le climat a toujours subit des changements

 

C’est exact. Au cours de l’histoire de la Terre, il y a déjà eu des centaines de changements climatiques. Par moments, il faisait plus froid, par d’autres plus chaud, plus sec ou plus humide. Notre système climatique répond de façon particulièrement sensible aux changements du bilan énergétique. Quand il y a plus de chaleur absorbée que diffusée ou inversement, la distribution du vent ou des précipitations se modifie en conséquence.

 

Les critiques rétorquent, que la nature a déjà trouvé une solution depuis longtemps. Mais ce faisant, ils oublient que lorsque nos plantes cultivées dépérissent parce qu’elles ne peuvent pas s’adapter, ce n’est pas la nature qui a un problème, mais l’humanité.

 

Le fait est que chaque changement climatique par le passé s’accompagnait de changements fondamentaux dans l’écosystème. Les anciennes espèces disparaissaient et les nouvelles se développaient. Comme ce changement s’étendait sur plusieurs milliers d’années, l’écosystème, les plantes et les animaux disposaient de suffisamment de temps pour s’adapter. Notre changement climatique actuel chemine maintes fois plus vite et ne laisse aucune chance à notre écosystème.

2. Le soleil est coupable

 

Le soleil est certainement l’élément climatique le plus important. Il est évident que le soleil peut influencer notre climat de façon déterminante. Il est la seule source d’énergie du système climatique et nous n’avons pas la moindre possibilité d’influencer son activité. Bien sûr, se défausser du problème est très tentant.

Illustration 1: température globale (rouge) Source : NASA GISS ;

Rayonnement solaire total (bleu) Source : 1880-1978 Solanki und Fligge 1998, 1978-2006 C. Fröhlich 2007

 

Mais malheureusement, les données  s’y opposent ici sans équivoque (illustration 1). Nous voyons une légère corrélation entre 1880 et 1980. Ensuite, la température se démarque très clairement de l’activité solaire. En y regardant attentivement, le soleil brille même un peu moins fort aujourd’hui qu’il y a 30 ans, mais par contre, la température est nettement plus élevée.

3. La science n’est pas unanime

 

Le fait que le changement climatique a lieu, n’est pas sujet de controverse chez les scientifiques. Pour prouver que le climat est en train de changer, il faut juste examiner les données de mesure. Par exemple, le rapport „Nationales Klima-Beobachtungssystem“ Seiz, G. and Foppa, N., GCOS Switzerland, 2007

lien : http://www.proclim.ch/4dcgi/proclim/all/Media?272"

 

Dans l’Assessment Report 2007, l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) a  estimé à 98% la probabilité que le changement climatique soit causé par les êtres humains. (Source : IPCC AR4, 2007; http://www.ipcc.ch/).Une étude prouve, qu’aucun article revu par des pairs ne parut contre cette opinion entre 1993 et 2003. (Oreskes 2004, http://www.sciencemag.org/content/306/5702/1686.full)

Illustration 2: Enquête sur le consensus scientifique. Question : Croyez-vous que l’activité humaine peut influencer la température globale de façon significative ?

Source : Doran et al. 2009 http://tigger.uic.edu/%7Epdoran/012009_Doran_final.pdf

 

L’étude de Doran et al. 2009 : Dans les publications, les auteurs, dont chacun dispense d’une meilleure formation en climatologie, assurent que le changement climatique a lieu et qu’il est causé par l’être humain.

4. Le changement climatique n’est pas si grave

 

Avoir chaud est pourtant agréable. Pendant les périodes froides de 1700 à 1850, les récoltes furent mauvaises, le froid et la famine dévastèrent l’Europe. Quand il fait plus chaud, on se porte mieux. On entend souvent cette croyance erronée. En vérité, le changement climatique aura de graves répercussions sur l’ensemble de notre écosystème en provoquant d’importants problèmes, et ne fournira pas juste une température un peu plus agréable. Ici une liste non exhaustive des répercussions: (Source :IPCC AR4, 2007; http://www.ipcc. ch/)

 

L’agriculture :

En agriculture, il est essentiel d’avoir un approvisionnement stable en eau pendant une longue période. L’agriculteur doit pouvoir compter sur la pluie. Si les précipitations estivales surviennent une fois ou deux par ans (région de moisson, Afrique subsaharienne) ou régulièrement (les climats modérés comme en Suisse), ce n’est pas aussi important qu’avoir une constance. Le paysan doit pouvoir compter sur le fait que la précipitation qui tombera l’année prochaine, sera semblable à celle de cette année. Tous les modèles climatiques reconnus prédisent des changements bouleversants, chez nous, tout comme dans les autres parties du monde.

 

La santé :

Les températures plus élevées contribueront à la propagation des maladies tropicales, comme la malaria. Les parasites et autres insectes conquerront les régions encore trop froides actuellement.

 

La fonte des glaciers et le pergélisol:

La fonte des glaciers n’est pas seulement un dommage optique et donc touristique. Cela contribuera essentiellement au fait qu’à l’avenir, nous aurons un été aride en Suisse. Au printemps, on en viendra aux multiples inondations. La fonte du pergélisol permet à l’eau de s’infiltrer dans les crevasses et peut éroder la roche, jusque-là impénétrable. Il en résultera plus d’affaissements de terrain. Le méthane libéré provenant du processus de dégel du pergélisol dans les régions autour du cercle polaire  (Sibérie, Canada, Alaska, Groenland) produit un gaz à effet de serre 12 fois plus fort que le CO2 et réchauffera la terre encore plus.

 

L’augmentation du niveau de la mer

Selon l’IPCC AR4, quand les grandes calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique fondent partiellement, nous sommes menacés par l’augmentation de 2 à 5 mètres du niveau de la mer d’ici la fin du siècle. D’immenses régions côtières, habitées par des milliers d’êtres humains, seront alors inondées. Pour la Suisse, il existe un rapport climatique des principaux instituts de recherche climatique qui explique précisément les répercussions sur notre pays. Lien : http://www.ch2011.ch/

5. Depuis 2000, il ne fait pas plus chaud qu’avant

 

Ces dernies temps, on pouvait souvent lire que le réchauffement climatique aurait soi-disant cessé. Selon comment l’on représente les enregistrements de la température, il semble en effet, que sur certaines représentations, l’augmentation aurait stoppé. A prendre en considération :

  • La dernière décennie était de loin, avec beaucoup d’écart, la plus chaude que l’on n’ait jamais mesurée ! (les données de la température prise par la NASA sont accessibles sur : http://data.giss.nasa.gov/gistemp/tabledata_v3/GLB.Ts+dSST.txt )
  • La température de l’air contient seulement une toute petite partie de la chaleur de la planète. La plus grande partie va dans l’eau de l’océan. Un des calculs les plus actuels provient de Nuccitelli et al. 2012 (publié dans Physics Letters A, „Comment on “Ocean heat content and Earth?s radiation imbalance”)

Illustration 3 : On reconnaît nettement que la majeure partie de la chaleur va à la surface de l’eau des océans et dans les abysses. L’atmosphère n’en constitue qu’une partie très faible. Source de l’illustration: Nuccitelli et al. 2012

  • le climat n’est pas seulement déterminé par l’effet de serre !

 

 

De différents effets de refroidissements et de réchauffements entrent en jeux. La température, que nous mesurons, est une combinaison qui en résulte. Il existe une animation à ce propos sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=u_0JZRIHFtk

 

Explication et sources des données de l’animation :

 

Avec des méthodes mathématiques, l’équipe du scientifique Robert Fawcett a pu factoriser l’influence d’el niño/ de la niña à partir des enregistrements de la température. Publié dans „Bulletin of Australian Meteorological and Oceanographic Society, 2007“. (http://www.amos.org.au/documents/item/82)

 

G. Foster et S. Rahmstorf ont fait la même chose avec les influences naturelles restantes et plus grandes. (Vulkanausbrüche El Chichon 1983, Pinatubo 1991) et 2011 publié dans l’Environmental Research Letters. http://iopscience.iop.org/1748-9326/6/4/044022/pdf/1748-9326_6_4_044022.pdf

Les données désormais corrigées indiquent une hausse effrénée de la température.

6. Les modèles climatiques sont faux

 

Le climat est prédit à l’aide de modèles mathématiques hautement complexes. Exprimé simplement, ce sont de grands programmes informatiques, qui essaient de calculer le climat. Plus l’ordinateur dispose de données, plus les formules utilisées pour les processus sont exactes et donc plus la réalité est modélisée précisément.Comme le système climatique réel est infiniment plus complexe et plus grand que ce que nous pouvons calculer sur notre ordinateur, nous devons formuler un certain nombre d’hypothèses et de simplifications. Cela a pour conséquence, qu’il est impossible de pronostiquer le comportement exact de notre système climatique. Les modèles climatiques comportent toujours une certaine marge d’erreur. Notre compréhension du climat et nos ordinateurs s’améliorent de plus en plus et donc nos pronostiques aussi.

 

Nous ne pouvons pas prouver, qu’à l’avenir les modèles seront exactes. Mais nous pouvons comparer nos modèles climatiques actuels avec ceux du passé et démontrer qu’ils fonctionnent. Quand les modèles reproduisent suffisamment bien la réalité, il doit leur être possible de modéliser l’avenir.

 

Dans le dernier rapport climatique de l’ONU (IPCC AR4, 2007), c’est exactement cela qui a été fait. Il s’est avéré, que quand le changement climatique naturel et l’effet de serre causé par l’être humain sont considérés séparément, ils ne nous fournissent aucune bonne explication sur le climat de ces cent dernières années. Quand les deux facteurs sont mis à la disposition du modèle, l’évolution de la température depuis 1850 est reconstruite sans erreur.

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Illustration 4 : Comparaison des valeurs du modèle et des données de mesure. a) pour le modèle, seulement des phénomènes naturels ont été utilisés. b) Seulement des facteurs anthropiques ont été considérés et c) tous les facteurs sont ajoutés. Source : IPCC AR4, 2007 http://www.grida.no/publications/other/ipcc_tar/?src=/climate/ipcc_tar/wg1/figspm-4.htm

7. Dans les années 70, il fut prédit une période de glace.

 

Du coté des climatosceptiques, l’article „A cooling world“ a été écrit par Peter Gwynne 1975, un des auteurs les plus cités. A lire : http://denisdutton.com/newsweek_coolingworld.pdf

 

L’article est le résultat d’un bon travail scientifique de l’époque. Il émet l’hypothèse, qu’il se pourrait que le climat se refroidisse. Mais, il déclare aussi que ce n’est pas prouvé, et qu’il existe des scientifiques qui soutiennent un autre avis. Dans une interview en 2009, l’auteur lui-même a annoncé : „... You've hit on a point that has bugged me for a few years now, ever since I learned that the deniers of global warming were using my Newsweek piece to support their position. As you correctly point out, the article summarized the science of the time. Since then, numerous climate-sensing satellites have gone into orbit and theoretical understanding of atmospheric chemistry has improved considerably. I have occasionally thought of publishing an update to the article, but I’ve always decided that such an action would garner unwanted notoriety without changing any minds.“ (Source: The examiner, march 2009)

 

Pour ses calculs, la science est partie du principe que les émissions de soufre, qui étaient très élevées dans les années 60 et 70, se multiplieraient jusqu’en l’an 2000. L’oxyde de soufre dans l’atmosphère aurait absorbé une partie du rayonnement solaire et refroidit la surface de la terre de manière significative. Rasool et Schneider ont calculé en 1971, qu’une multiplication de la concentration d’aérosol dans l’atmosphère entraine un refroidissement d’environ 3°. Peu après cependant, une ordonnance sur la protection de l’air entra en vigueur dans de nombreux pays (USA, UE actuelle, Suisse) et le convertisseur catalytique fut notamment déclaré obligatoire. Cela conduisit à une baisse des émissions de soufre et d’aérosol.

Illustration 5 : émissions globales de soufre depuis le début des mesures jusqu’en 2000.  Source: Smith et al. 2004, PNNL Research Report: http://www.pnl.gov/main/publications/external/technical_reports/PNNL-14537.pdf

 

Le fait que nous n’ayons pas déjà changé notre climat dans les années 80 est donc le résultat d’une bonne recherche climatique et d’une politique qui réagissait en conséquence.

8. Les données mesurées sont fausses

 

C’est l’argument le plus simple de tous. Lorsque toutes nos mesures démontrent que nous sommes coupables, c’est simplement parce que les mesures doivent être fausses. Les critiques affirment, que si les mesures de la températures s’élèvent si fortement,  c’est seulement parce que les stations de mesure ne sont par représentatives pour le monde entier. Les stations de mesure se situent beaucoup plus souvent à proximité des grandes villes ou des régions industrielles que dans les régions rurales. A cause du chauffage et du gaz d’échappement, il fait toujours quelques degrés plus chaud en ville qu’en périphérie. C’est pour cela que nos données sont trop élevées. De toute façon, nous n’avons que trop peu de stations de mesure pour mesurer la planète entière.

Evidemment, ceci est absolument faux.

Raison 1 : Les températures globales ne sont pas mesurées avec les quelques stations terrestres, mais elles sont déterminées à l’aide de satellites, qui mesurent toute la surface de la terre (océans inclus). Ainsi, il ne peut y avoir des anomalies positives à cause de quelques rares stations de mesure mal placées.

Raison 2 : La NASA et la NOAA ont pris cette critique très au sérieux et ont examiné s’il était éventuellement possible que les stations isolées soient faussées de cette façon. Cette étude montre, qu’il y a une erreur cependant trop petite pour avoir une influence sur les tendances à long terme.

Source : Hansen 2001, http://pubs.giss.nasa.gov/docs/2001/2001_Hansen_etal.pdf

9. Le CO2 ne peut être nuisible, car il apparaît naturellement dans la nature.

 

Cet argument est tant ridicule que faux. Derrière cette conspiration se tient l’américaine Michele Bachmann (membre du Congrès et du Tea party ) qui s’est chargée de la répandre. Ici la vidéo en question : http://www.youtube.com/watch?v=IAaDVOd2sRQ. Malheureusement, il y a aussi une multitude de gens sur le territoire européen qui semblent y croire.

 

Pas tout ce qui est naturel, n’est forcément inoffensif!L’arsenic, l’amiante, la plupart des agents pathogènes, les rayonnements radioactifs, ce sont seulement les quelques peu de substances ou processus naturels qui sont certainement nuisibles à l’être humain.

 

Le CO2 et l’effet de serre sont vitaux pour nous! Sans l’effet de serre naturel, il ferait en moyenne 30° plus froid sur la terre. (IPCC AR4, 2007) La combustion du carbone fossile rejette toujours plus de CO2 dans l’atmosphère et renforce l’effet de serre. La science n’exclue pas, qu’avec plus de CO2 il y aura quelques rares effets positifs. Les conséquences négatives seront nettement plus fortes et prédomineront. Quand les banques sont dévalisées, on pourrait très bien penser : “Pour la peine, ça fait à nouveau de la place dans le coffre-fort !.“

Raphael Schär

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