Communiqués de presse

La santé de nos Hôpitaux est menacée !

Après le vote neuchâtelois de ce week-end et plusieurs articles mis sous presse récemment (Den Spitälern geht das Geld aus, Sonntags Zeitung, 12.02.2016), il est temps de réaffirmer quelques principes sur la dérive actuelle du système de santé. 

Avant d’être un marché économique à but lucratif, la santé reste un bien commun fondamental. Il est donc important de recentrer le débat des coûts de la santé autour du patient et non de l’argent.

Oui, les hôpitaux doivent avoir une gestion économe de leur ressource. Oui, ils doivent prendre des mesures pour limiter les coûts de la santé et éviter des dépenses excessives. Mais ceci ne doit jamais se faire au détriment des patients, de la qualité des soins et des conditions de travail du personnel hospitalier.

Or, aujourd’hui, la concurrence imposée entre tous les hôpitaux publiques et les cliniques privées, suite notamment à la révision de la loi fédérale sur l’assurance maladie (financement hospitalier), n’a de cesse de renforcer cette pression sur les hôpitaux. Et ceci se ressent déjà sur les conditions de travail du personnel. (charge administrative supplémentaire, suppression de poste de secrétaire,…) mais aussi par une volonté politique de fermer des hôpitaux périphériques ou des services considérés comme peu rentables. 

La concurrence entre hôpitaux privés et publics est déloyale pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les hôpitaux publics ont à leur charge la formation du personnel médical et paramédical, charge qui n’incombe pas aux cliniques privées.

De plus, les hôpitaux publics ont le devoir de fournir des prestations en urgences 24h/24 à toute la population ceci même dans les régions les plus périphériques de ce pays et d’autres services non rentables économiquement mais indispensables aux soins et à la sécurité des patients.

Enfin, les cliniques privées spécialisent leurs compétences dans quelques domaines médicaux spécifiques (p. ex : dialyse, chirurgies orthopédiques ou ophtalmologiques élective) avec peu de risque et des marges très élévées. Les cliniques privées sont donc extrêmement rentables et concurrentielles dans ces domaines précis. Il est alors évident que les hôpitaux publics qui comptent sur ces activités pour équilibrer leur budgets ne puissent s’aligner dans ces domaines sans devoir mettre à mal les conditions de travail de leurs employés.  

Dès lors, vouloir comparer des institiutions ne remplissant pas les même fonctions et n’ayant pas les mêmes objectifs uniquement sous l’angle de la rentablilié économique pour ensuite conclure qu’il existe des différences entre elles, relève de la faute de raisonnement ou de l’étroitesse d’esprit.

Alors au lieu de sans cesse condamner nos hôpitaux publics, prenons un peu de recul et cherchons d’autres pistes pour limiter les coûts de la santé qui ne se fassent ni sur le dos du personnel hospitalier ni sur la santé des patients.

Avec le vote neuchâtelois de ce week-end, il est en tout cas prouvé que l’argument purement économique ne suffit pas. La population, pour peu qu’on lui demande son avis, est attachée à des structures hospitalières publiques et de proximité. 

Kevin Morisod 
Co-Président des JVS
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Cedric Bodoira
Coordinateur des JVS
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