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Nous ne sortirons pas de cette crise sans courage

La semaine dernière, les VERTS suisses ont publié leur plan Climat « pour une Suisse climatiquement positive ». Celui-ci a été débattu de manière très controversée et critique dans les médias ainsi qu’au sein du parti des Jeunes Vert-e-s. Nous aimerions donc profiter de cette occasion pour présenter notre position vis-à-vis de ce plan – de manière critique mais constructive. 


But : 2040, c’est 10 ans trop tard !
Selon le plan Climat, la Suisse devrait émettre 50 % de gaz à effet de serre en moins sur son territoire d'ici 2030, le zéro net n’étant pas atteint avant 2040. Ce qui, à notre avis, est clairement trop tard. Car pour que le monde atteigne l'objectif de 1,5 degré, nous devons réduire les émissions de CO2 de 45 % à l'échelle mondiale d'ici 2030. Comme il est impossible pour les pays moins riches d'épargner autant en dix ans - car il y a un manque de technologie et d'argent dans les investissements - les pays plus riches comme la Suisse doivent être plus rapides. A ce sujet, l'Accord de Paris sur le climat parle du "Principe d'équité". C'est pourquoi, il est clair pour nous que, d'ici 2030, la Suisse doit atteindre le zéro net sur son territoire - sans compensation à l'étranger.

Il est néanmoins très positif que les VERTS incluent systématiquement les émissions grises (=émissions causées par les importations de biens) dans leur plan Climat et qu'ils souhaitent ramener à zéro les émissions nationales et les émissions causées par l'énergie grise d'ici 2040.

 

Mesures : Osez, chers VERTS !
Acheter une nouvelle voiture avec un moteur à combustion ou encore installer un nouveau système de chauffage au mazout. Selon le plan Climat du parti des VERTS, cela devrait être possible d'ici 2030. En d'autres termes, bien que des technologies alternatives soient déjà prêtes à être commercialisées dans les secteurs du bâtiment et des transports, de nouveaux polluants resteraient sur le marché pendant encore dix ans. Ces exigences nous sont totalement incompréhensibles puisque chaque nouveau système de chauffage au mazout qui sera installé d'ici 2030 polluera l'environnement pendant toute sa durée de vie.

Pour les Jeunes Vert-e-s, il est clair que l'installation de nouveaux systèmes de chauffage au fioul doit être interdite avec effet immédiat, tout comme l'interdiction de l'homologation des moteurs à combustion - qui doit intervenir au plus tard en 2025.  En parallèle, nous devons prendre davantage de mesures pour empêcher la circulation de voitures dans les centres-villes, l'arrêt immédiat de l'expansion des autoroutes et la fin de l'étalement urbain.

 

Technologies de compensation : pas une solution !
Afin d'atteindre la "neutralité climatique" d'ici 2030, les VERTS proposent de compenser une partie des émissions par des moyens techniques. Il convient d'utiliser le captage et le stockage du carbone (CSC), la technologie de captage du CO2, les carburants synthétiques pour l'aviation et le système d'échange de quotas d'émission (EHS).

Grâce à ces mesures, les VERTS se concentrent sur des solutions technologiques, dont certaines ne sont pas encore disponibles ou pas dans la mesure nécessaire. Un pari risqué puisque ces dernières pourraient facilement servir de prétexte à des réductions concrètes d’émissions. En outre, un système d'échange de quotas d'émission ne peut pas être concilié avec la demande de justice climatique, car les projets de compensation à l'étranger se font généralement au détriment de la population indigène et des écosystèmes locaux.
 

Financement : la solidarité fonctionne différemment !
La solution à la crise climatique n'est pas gratuite. Les VERTS proposent donc que les coûts de transformation de la Suisse vers l’écologie soient financés par les recettes des taxes incitatives (taxe sur les billets d'avion, taxe sur le CO2, etc.). Ce principe dit du "pollueur-payeur" est important et juste. De nombreuses études démontrent que les prélèvements incitatifs ne sont pas anti-sociaux (contrairement à ce qu'affirment constamment les partis bourgeois) s'ils sont partiellement remboursés à la population.

Cependant, une réponse solidaire à la crise climatique semble bien différente. Tout comme la résolution des VERTS : "La protection du climat ne fonctionne que de manière sociale", le plan Climat, pour le financement solidaire de la reconstruction écologique par les pourcentages les plus riches, est mis de côté. Quelques entreprises, industries et personnes sont devenues incroyablement riches au cours des dernières décennies grâce à l'exploitation de l'homme et de l'environnement. Le "pollueur-payeur" signifie donc aussi que les personnes les plus riches de Suisse paient leur juste part. Nous avons besoin d'une redistribution claire par le biais d'une augmentation des impôts sur les actifs, les gains en capital et les héritages.

 

Néanmoins, le plan le plus ambitieux de tous les partis du Palais Fédéral
Même si le plan Climat des VERTS ne va certainement pas assez loin, il est (malheureusement) le plus ambitieux et donc le meilleur plan pour atteindre l'objectif de 1,5 degré de tous les partis du Parlement. En effet, les VL, avec sa stratégie "Cool Down 2040", ignore complètement les émissions importées (émissions grises) et le PS, avec son "Plan Marshall", souhaite atteindre le zéro net seulement en 2050. Ceci sans parler des projets des autres partis bourgeois.

 

Et maintenant ?
Finalement, une question se pose : quelle est la prochaine étape ? La loi actuelle sur le CO2 est loin d'être suffisante pour atteindre l'objectif de 1,5 degré. Même les plans des partis de gauche au Parlement ne montrent pas les étapes nécessaires. La démocratie parlementaire a-t-elle réussi à résoudre la crise climatique ? Nous pensons que non. Mais il est urgent qu'elle évolue.

Les partis de la gauche verte doivent fonder leurs plans sur la nécessité scientifique, et non sur la "faisabilité" apparente. Les faits concrets doivent être pris en compte, que ce soit opportun ou non. Dès 2019, les Jeunes Verts, avec notre plan Climat, avons déjà défini 22 mesures concrètes pour devenir neutres sur le plan climatique d'ici 2030. Cliquez ici pour le plan des Jeunes Vert-e-s.

Il est également important de parler des processus de recherche de solutions alternatives dans notre démocratie. Un moyen d'y parvenir pourrait être un "Conseil du climat" à représentation égale et élu par tirage au sort. Ce dernier fonctionnerait comme l'Assemblée Fédérale, mais s'occuperait exclusivement de chercher des solutions à la crise climatique. Avec le soutien des scientifiques[1], des solutions climatiques ciblées à 1,5 degré pourraient être élaborées pour la Suisse.



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